Calopsitte à le plaisir de vous inviter

samedi 12 septembre 2026 à 16h
au Centre international de poésie Marseille
2, rue de la Charité, 13002 Marseille

LA MACHINE DÉVELOPPÉE

par Camille Bloomfield et Joachim Séné

La performance (45mn) sera suivie d’un bref échange entre C. Bloomfield, J. Séné et Nicolas Tardy puis avec le public.

Cet évènement gratuit, suivi d’un apéritif, est une proposition de l’Association Calopsitte en collaboration avec le cipm.

En 1968, Georges Perec & Eugen Helmlé imaginent une machine qui analyse, décompose, transforme la littérature…

Le héros du texte écrit par les deux amis est un ordinateur. Un ordinateur des années 60, qui préfigure à bien des égards les potentialités des actuelles IA. Comme l’IA, il possède dans son répertoire tous les grands textes de la culture mondiale. Comme l’IA, il comporte des biais.

Les personnages imaginés par Perec pour aider à disséquer le fonctionnement de cette machine sont une unité de contrôle et trois processeurs, à qui les auteurs vont demander de décortiquer un poème.

C’est le début d’une analyse systématique débridée, à travers plusieurs protocoles : statistique, linguistique, sémantique, critique, intertextuel… au cours desquels les vers d’un célèbre poème de Goethe vont permuter, croiser d’autres textes de la culture et de la civilisation contemporaines, jusqu’à parasiter la machine et même, après plusieurs déraillements de celle-ci, la contraindre au silence.

En 2024, Camille Bloomfield et Valentin Decoppet, frappés par la modernité de la pièce, se lancent dans une réécriture intégrale en français, qui serait autant en lien avec l’imaginaire culturel et informatique de leur époque que Perec l’était avec la sienne : voilà Goethe remplacé par Verlaine, et les processeurs par des IA…

Le tout est édité en 2025 par Le Nouvel Attila, aux côtés de la traduction par Valentin du texte original : voilà la machine mise à jour.

En 2025, après une création à la Bibliothèque nationale de France (Paris), Camille Bloomfield, poétesse-performeuse, invite Joachim Séné, écrivain-développeur, à la rejoindre pour concevoir ensemble une nouvelle version de la performance inspirée de cette œuvre, dans laquelle la machine vivrait, enfin, sa vie potentielle. Quelques mois plus tard, voici la machine développée.

Performer la réécriture de cette pièce radiophonique aujourd’hui, c’est mettre en scène et en voix le texte, soit le traduire à nouveau, le réécrire autrement. Que peut le numérique sur scène sans singer l’humain, et à quoi peut ressembler cette machine quand la pièce est articulée en prompts et réponses des IA ?

Sur scène, c’est une humaine qui incarnera l’IA, et une voix trafiquée qui incarnera l’internaute. C’est aussi une machine virtuelle, conçue par Joachim Séné, qui jouera les commandes en direct, et créera, par le biais de la vidéo-projection, un jeu de mouvement entre les voix, le texte, les images et les créations sonores.

 

Pour en savoir plus sur nos invités :